Présentation

Calendrier

Mars 2006
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Jeudi 23 mars 2006

Ce WE, direction El Parque Nevado Tres Cruces ! C'est un joli parc situé à l'est de Copiapo, où trône le plus haut volcan du monde, el Ojos del Salado (6893m d'altitude). C'est plutôt un site attrayant non? qui vient avec nous!!!

... qui ?!

Bon. Inutile d'insister, je vous présente la nouvelle équipe du WE...

Vincent, alias James, et Estelle, alias Domino - ce sont les têtes qu'on aura 36h plus tard... Non, on n'a pas l'air bien frais ni très éveillé.

... donc ce WE, c'est sympa, personne n'a voulu nous accompagner.

Peut-être que lors des précédents WE il y aurait eu une faille dans notre organisation, qui aurait conduit le compagnon à un état de fatigue prématuré et difficilement gérable dès le début de la sortie... ou bien il y aurait eu trop d'objectifs non atteinds en trop peu de temps, ce qui aurait ammené le compagnon vers une frustration générale prononcée... ou bien tout simplement, on n'est pas du tout drôle, ce qui provoquerait chez le compagnon un ennui quasi-total et sans retour.

Notre mission: percer ce mystère...

Comme dans tout bon épisode, Jaws est de la partie...

Le voici à Copiapo en octobre 2005 (gauche), et en mars 2006 (droite) - là encore faute d'échelle on ne peut pas se rendre compte de la taille du molosse... La rencontre fut sanglante, 1ère épreuve.

Copiapo, sa place, ses joueurs d'échecs... aaaaah, si seulement il nous était venu à l'idée d'acheter un jeu d'échec de poche ou bien tout simplement un jeu de cartes pour combler les heures d'attente interminables à venir !

Une halte s'impose pour préparer le WE. Grâce aux services du Sernatur, on ne se rend pas au parc à l'aveuglette.  La personne a été très aimable. Elle nous a fourni une photocopie d'un vraie carte avec des courbes de niveau tous les 25m (!). Sauf que l'échelle n'y a pas été reportée... Et la montre de James fait tout sauf curvimètre.

On réserve ensuite un véhicule tout-terrain-fait-pour-aller-n'importe-où-n'importe-quand, pas de soucis, c'est solide, avec ça, rien ne peut nous arriver, une James Mobile digne de ce nom, idéale pour flamber en ville.

On fait quelques courses (cette fois-ci on innove la purée-saucisse, miam), et c'est partit !

... arrivée 2h du matin au premier campement, peu avant l'entrée du parc Tres Cruces. En avance sur le retard prévu.

Nous découvrons le lendemain matin un paysage encore très minéral.

Nous entrons dans le parc, le milieu est véritablement aride, pas une trace de vie. 2eme épreuve.

Un milieu où seules les pierres poussent.

On y décèle des traces d'eau... mais pas d'eau.

Ah, la croûte de battance... Y'a eu de l'eau. Mais y'en n'a plus.

Nous ne sommes pas les seuls à l'avoir cherchée en vain...

Le milieu est hostile, et les plus faibles n'ont pas leur place.

Même pas peur...

On file à la Laguna Santa Rosa (salar à 3700 m).

(... pour info Niot, ce ne sont pas des pénitents. Les pénitents, c'est dans la neige).

Il y a de l'eau... y aurait-il un peu de vie?

... mais oui, des flamands roses !!!

... et un troupeau de guanacos ! 

 De là, on s'enfonce dans le parc en direction la Laguna Verde (4325m). Sur le chemin,  des couleurs, encore des couleurs sur un sol dénudé.

 On aperçoit l'Ojos del Salado (haut) et le Nevado Tres Cruces (bas).

 On confronte alors les données de la cartes avec nos observations de terrain, et on se rend bien compte que la marche d'approche pour les Tres Cruces ne sera pas des plus courtes. En tout cas, les sommets sont très attrayants et font frétiller nos jambes !!!

Tout ça demande réflexion... à plus de 4400m d'altitude, il faut ménager son cerveau, on va donc pique-niquer au bord de la Laguna Verde, et fluidiser notre sang dans ses thermes. C'est un lieu magique, où le silence est loin d'être pesant.

En fait, l'eau chaude ne nous rend pas plus vifs qu'avant (cf. inclinaison de l'horizon sur la photo), on reporte donc notre brain-trust au soir.

On pose le campement II.

 On prend notre temps - parce que notre emploi du temps n'est pas des plus surchargés.

On pourrait même s'amuser à converser au ralenti ou inventer des devinettes pour faire passer le temps un peu plus rapidement... Mais James et Domino ne perdent pas de vue leur mission. Ils ne se laissent pas tenter par ce petit jeu qui a de fortes chances de se terminer le surlendemain, au même endroit, dans les mêmes postures, avec la même intensité dans le regard - qui révèle bien cet esprit challenge à toutes épreuves...

Et c'est devant cette fameuse purée-saucisse que la course du lendemain fût choisie à l'unanimité (on a gardé les pâtes pour le lendemain soir, et on a bien fait...).

Ce sera le Cerro Vicuña: d'abord et avant tout parce que son nom nous rappelle quelques bons souvenirs, ensuite parce qu'il a une position stratégique entre l'Ojos del Salado et le Nevado Tres Cruces, et enfin parce qu'on ne risque pas d'être surpris par une variation importante du TN non suspectée sur la carte et susceptible de remettre en question notre unique objectif en prolongeant la marche d'approche (finalement, c'est pas mal d'avoir plusieurs objectifs).

Et puis parce que c'est un 6000 m aussi ;-).

 Au petit matin, pas un bruit... les premiers rayons de soleil apparaissent.

... en route pour l'épreuve n°3, le Cerro Vicuña !

On pose la James Mobile sur le bord du chemin. Elle nous a déjà fait une petite peur lors d'un demi-tour raté, mais pourquoi s'inquiéter, rien ne peut lui arriver... On s'élance donc gaiement vers le col, l'esprit en paix.

 

... la marche d'approche nous fait découvrir la curieuse robe du Cerro Muerto.

 

A 5100m, on pose le dernier campement, étape finale de notre acclimatation. Il n'y a pas âme qui vive ici, même pas des traces de Guanacos, pour dire!

 

On n'est pas très frais, un peu mou je dirais même. Inutile de remettre les photos exposées lors de la présentation de l'équipe.

Non, on ne regrette ni le jeu d'échec laissé bien au chaud dans un magasin à Copiapo, ni tout bon vieux jeu de cartes. Il ne nous vient même pas à l'esprit de penser à notre lit douillet, ou à une partie de ping-pong ente amis, ou encore aux rangements qu'on aurait pu faire pour notre prochain déménagement. On ne ressent pas non plus le besoin de se sentir léger, de pouvoir bouger sans souffler, de retrouver l'apétit. C'est génial.

On ne regrette rien mais on se pose tout de même quelques questions existentielles... qui peuvent d'ailleurs rejoindrent celles qu'ont dû se poser nos compagnons les WE précédents (?!). On commence donc à percer le fameux mystère. Et ce mystère s'éclairciera le lendemain lors de l'ascension - et tout particulièrement pour Domino...

 

 Le soleil se lève, et nous avec. La nuit s'est plutôt bien déroulée, mais on est quand même contents qu'elle se termine, on déjeune - pas assez - et on y va !

 

Quelques passages dans les pierriers nous rappellent le Cerro Tapado...

 

Arrivés au col (Argghhh, c'est pas terminé !!!) un choix s'impose... Deux sommets, deux 6000 m, mais l'un "légèrement" plus haut que l'autre. On vous laisse deviner lequel est LE véritable sommet.

Il va donc falloir se les départager, parce qu'on aime bien occuper l'espace vide. On pourrait penser que toute négociation devient difficile à cette altitude, qu'un tel choix demande un certain temps pour peser le pour et le contre, le pourquoi du comment, le combien de temps aller/retour, etc... Fort heureusement, Domino se dévoue sans peine pour le sommet de gauche.

Oui, c'est bien un sommet et non une butte de terre: on apprécie mal l'importance du relief quand les photos sont PRISES AU SOL, MERCI VINCENT...

 

Arrivés aux sommets, on jouit d'un magnifique panoramique sur une partie du parc (même depuis la butte de Domino):

 

... voici l'imposant Ojos del Salado dans toute sa splendeur,

 

la séduisante chaîne des Tres Cruces, avec ses glaciers,

 

... un tableau de couleurs et de textures étonnantes!

 

Et puis il y a James, sur SA butte de terre (sisi, on le voit tout en haut) ...

 Et Domino, elle, a enfin été jusqu'au bout du mystère - si c'est le bon. La clef a été assez vite trouvée après l'ouverture d'une barre de céréales-coco alors que l'altitude dépassait les 6000m et que le léger mal de tête était déjà bien présent... Elle n'a donc pas jugé utile de s'attarder là haut - dommage.

 

Retour au campement pour faire nonette comme diraient les haut-savoyards, puis on rejoint la James Mobile. Elle a encore ses 4 roues, sa roue de secours, sa pelle, du carburant dans le bidon, pas d'infraction, ouf, on est rassuré. Parce qu'on n'aimerait pas se retrouver bloqués au fin fond du parc, à 80 km de la douane, 280 km de Copiapo, sans eau, sans vivres, personne dans les environs, même pas un lièvre à faire grilller; pas de fusée de détresse, ni de sifflet, ni d'ailleurs de ballon de foot pour patienter; bref, on rigolerait moins là. D'autant plus qu'on ne s'est pas déclaré aux Carabineros (douane), il ne savent donc pas qu'on est ici (bah bravo)... C'est que les agents secrets doivent rester discrets.

 

On retrouve l'apétit, échange nos impressions, range les sacs. On s'installe sur nos sièges respectifs dans la James Mobile, et on est enfin prêts à partir.

...

Bon. Pas de panique, la James Mobile a un coup de mou, c'est tout, ça n'arrive pas qu'à nous. ça doit être l'épreuve n°4.

...

Petit moment de solitude. On peut observer quelques gouttes de sueur qui perlent sur le visage du voisin.

...

On pousse, on souffle, on râle, RIEN.

James organise très rapidement le plan de secours.

Mais avant, une dernière tentative: après le replat, il y a une légère pente...

Ouuuuaye, elle démarre !!! De là, on ne s'arrête plus, et ce jusqu'à la route internationale, les bosses et les creux n'existent plus, c'est Walibi dans la cabine !

 

La route du retour passe par la douane. On s'arrête, les Carabineros nous emmènent dans une salle confinée et très sombre, ils ont le regards perçant, il fait froid, un rayon de soleil pénétre dans la pièce et fait découvrir leur collection d'outils sur l'étagère... L'interrogatoire est long et pénible. Nos explications ne correspondent apparemment pas à celles auxquelles ils s'attendaient. On reste imperturbables - mais pas très fiers, parce qu'on se rend compte qu'ils sont plus au courant de notre emploi du temps que nous même... Et là on s'est dit Jamais, Plus Jamais (Attention Niot, c'est un indice qu'on t'offre là ).

 [Il faut savoir qu'il est demandé aux personnes de déclarer sa présence dans le parc à la douane, ceci afin d'obtenir une aide rapide en cas de pépin].

 Cette dernière épreuve se révèle très instructive puisqu'en plus on apprend qu'il est nécessaire d'avoir un permis pour l'ascension des Tres Cruces (tout comme l'Ojos del Salado). Héhé, du coup, on n'a pas osé demander si c'était aussi valable pour les autres sommets.

 

Petite halte au salar de Maricunga avant de rentrer sur Copiapo et la Serena. Nous retrouvons progressivement tous nos sens avec l'augmentation de l'oxygène dans l'air.

Ah, on dirait que James médite encore sur la mission du pourquoi on n'a plus d'amis pour nous accompagner le WE... 

 

Il va falloir y revenir !!!

 

 WE du 18-20/03/06

 

Comment se forment les salars?

 

sur le forum www.guichetdusavoir.org, les références bibliographiques suivantes ont été citées:

 

Ouvrage :
Les milieux désertiques
Extrait : (…)Les dépressions topographiques fermées, occupées par une pellicule d’eau salée et des croûtes de sel, parfois alignées sur un ancien réseau hydrographique, sont un élément inséparable de tout paysage désertique classique. La variété des noms le prouve : sebkras au Sahara, kewirs en Iran, salars et salinas en Amérique du sud, salt pans en Afrique anglophone et en Australie, etc. (…)
Salar : syn. salina :, en Amérique du Sud :fond de playa à dépôts salins, épisodiquement inondé ( Petit vocabulaire des déserts et semi-déserts en annexe de l'ouvrage)

Articles de presse :
* Tout le sel de la terre / Sabine Vogel in Croissance, No 423, février 1999, p. 46-47
Les conditions de travail des saumiers qui exploitent le gisement de sel du désert d'Uyuni en Bolivie; description de ce salar
* Pourquoi certains lacs sont-ils salés ? / Nathalie Nicolas in Ca m'intéresse, No 212, octobre 1998, p. 122-128
Explications sur leur formation; aperçu de la diversité biologique dans ces environnements.
* Dans le silence du salar / Philippe Duigou in Grands reportages, No 174, juiilet 1996, p.26-42
La vie des travailleurs qui exploitent le gisement de sel du désert d'Uyuni en Bolivie; les caractéristiques de ce désert de sel.


Revues spécialisées:
* Lacs salés au fond de la grande bleue /Fabienne Lemarchand in La Recherche, p. No 291, octobre 1996, p. 48-49.
Caractéristiques et explication du phénomène des lacs salés découverts dans le fond de la Méditerranée.
* La genèse et l'écologie des lacs salés / François Risacher, Bertrand Fritz in La Recherche, No 276, mai 1995, p. 516-522.
* Une mer de sel dans les andes / Vincent Gaullier in Sciences et avenir, No 588, février 1996, p. 70-73.
Description et histoire de la formation du salar d'Uyuni; importance économique de ce lac salé pour les Boliviens, qui l'exploitent de façon artisanale.

Etude téphrostratigraphique et bio-climatique du Tardiglaciaire et de l'Holocène de la laguna salinas, Pérou méridional / Etienne Juvigné, Jean-Claude Thouret, Etienne Gilot, Alain Gourgaud, Kurt Graf, Louis Leclercq, François Legros, Miguel Uribe in Géographie physique et quaternaire, No 2, 1997, p. 221-233

par Estelle et Vincent publié dans : Andinisme
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mardi 14 mars 2006

Après le petit périple du WE dernier, Vincent a doublé un bus en VTT, et moi un papy en bicyclette... Alors pour pouvoir avoir  MOI AUSSI la chance d'en faire autant, on a décidé d'aller chercher un autre paquet de globules rouges en altitude.

 

Emilio et Vladimir se sont déclarés absent (?!)... je vous présente donc la nouvelle équipe du WE : Rodrigo le fakir,  Vincent le cuistot, et Estelle la tête pensante de l'équipe ;-).

 

 

Depuis quelques semaines, nous avons acquis un savoir-faire dans le domaine de l'organisation de ce genre de WE, ce qui nous permet aujourd'hui d'être opérationnels et  d'optimiser notre temps :

 

- départ vendredi 21h de la Serena, altitude 0m,

- arrivée le même jour minuit, altitude 3500m,

- grâce matinée le lendemain matin.

... oui, c'est pas encore gagné, mais on y arrive, on y arrive.

 

On est vendredi soir, il fait nuit, ça fait bien 1h qu'on s'est engagé dans des chemins parfois raides pour trouver le refuge qu'on a déjà dépassé - mais ça, on ne le saura que dimanche. 

Emilio et Vladimir nous avaient prévenu : " il a beaucoup de chemins qui se croisent, mais pas de soucis, prenez le moins raide, tous les chemins mènent au refuge", et puis "vous allez suivre un chemin sur le flan d'une montagne, c'est impressionnant comme c'est raide d'un côté "... ah.

En tout cas, Emilio et Vladimir ne nous avaient pas dit qu'il y aurait autant de lièvres dans le coin.

 

Bon, on ne peut pas dire que ça va mal, mais on ne peut pas dire non plus qu'on sait exactement où on est, et vers où on se dirige, et s'il y aura une cabine téléphonique au bout ou même un snack poulets-frites.

 

Il est minuit, on arrive enfin sur un plateau perdu dans les montagnes. On n'arrive toujours pas à nous situer, seule la montre de Vincent nous indique le nord et l'altitude à laquelle on se trouve à +/- 200m... il nous manque quand même quelques informations. On essaye de résoudre le mystère du refuge et puis le sommeil nous gagne rapidement.

 

 

 Le lendemain, petite marche de reconnaissance pour apercevoir les sommets qui nous semblent accessibles ...

 

(Ah, on dirait que Vincent tente de reprendre mon rôle...)

 

De là, on aperçoit le Tortolas (6160m selon les cartes, mais là encore nous ne saurons rien de l'altitude réelle: fantasme d'andinistes en mal de reconnaissance ou écart volontaire de la part des militaires pour tromper l'ennemi? L'altitude moins officielle serait de 6300m, voire même...).

Ayant oublié notre thermomètre pour mesurer la température d'ébullition au sommet, il nous a semblé inutile de perdre notre temps dans une ascension sans but scientifique.

 

 

 

... Nous nous rabattons alors sur un sommet situé à sa droite, qui nous paraît plus accessible selon le temps dont on dispose. Et puis pourquoi pas longer les crêtes après. On l'appellera le "Pic Jaune à Droite du Tortolas", c'est pour la bonne compréhension de tous.

Le pic semble être recouvert d'un tapis d'or... Cette ascension aura donc un but artistique.

 

 

 On y va donc gaiement, avec tout le matériel de camping sur le dos, la couette, l'oreiller, la mallette de maquillage - primordial pour rester fraîche en altitude...

 

... Rodrigo y trouvera un ami sur le chemin.

 

On suit les traces des guanacos (cf encadré) - parce que les guanacos sont très forts pour créer des sentiers qui ne vont pas là où on pourrait rencontrer certaines difficultés pour progresser.

 

 

On fait des photos artistiques sur le thème de "l'altération du bois dans un environnement minéral" - parce que c'est quand même l'objectif de notre ballade.

 

 

 

Arrivés à un point haut, on se dit c'est chouette toutes ces collines concentrées au pied du fameux Pic Jaune à Droite du Tortolas, mais il va falloir un peu plus de temps pour y accéder... Et c'est là que l'équipe a dû penser unanimement que, afin de préserver le moral de chacun, il serait préférable de prolonger les WE jusqu'au lundi.

 

 

On sort notre plus beau sourire crispé, on boit un peu d'eau, et c'est repartit, direction le Tortolas, mais cette fois-ci sans buts scientifique ou artistique, on y va et on pose le camp II à 4000m. 

 

 

 

Stop. On est à 4000m d'altitude. Enfin un objectif atteint.

 

Satisfait, Rodrigo se laisse tomber sur le peu de végétation qui a pu coloniser ce milieu extrêmenent  minéral et qui paraît bien confortable:

 

Mais en réalité il s'effondre sur un tas d'épines... On comprend maintenant comment cette espèce se défend des agressions extérieures. L'état du bras et du mollet du Fakir nous donne un aperçu de ce qui peut nous arriver en cas d'attaque...

 

On reste donc tranquilles, en retrait et sur nos gardes, on prépare la soupe-à-mamy, et on part la déguster sur un monticule à proximité, endroit idéal pour regarder le soleil se coucher .

 

 

 

 

 

  

 

Notre regard s'arrête sur un pic à gauche du Tortolas...

Ce sera l'objectif du lendemain. On l'appellera le "Tortolacito" (4911 m), pour ne pas être trop frustrés. En réalité, quelqu'un l'a déjà nommé le cerro Herrera centinela (!).

 

 

 

Bon, je pense qu'une petite récapitulation est nécessaire avant de continuer : 

 

 

On s'est tout d'abord dit pourquoi pas le Tortolas (1), il est grand, il est beau mais sans cartes, on avait une chance sur deux pour se tromper de versant et on est tombé sur le mauvais versant, donc pas d'chance, on s'est rabattu sur le Pic Jaune à Droite du Tortolas (2). De là, le relief nous à fait défaut, enfin, surtout le temps dont on disposait, on a donc choisi de se rendre au Tortolacito (3). 

 

Le lendemain , après un concours du qui-se-lèvera-le-dernier, puis un thé au goût de soupe, on se dirige avec résolution vers le col.

 

 

Du sommet, on découvre qu'il n'y a pas qu'au pied du Pic Jaune à Droite du Tortolas que le relief est important... des montagnes à perte de vue! On aperçoit le glacier du Pascua Lama, le Doña Ana, le Tapado et bien d'autres encore dont on ne connait évidemment pas les noms (la "droite" et la "gauche" du Tortolas ne veulent plus rien dire là, il faut sortir la boussole).

 

La descente se fait sur différents types de sol, du grain fin aux pierres grossières,

 

 on peut parfois apercevoir des pierres sur une étendue de grains fins,

 

et des pénitents sur une étendue de pierres grossières... 

 

 

La descente se fait par les sentiers des guanacos... (Mais où sont-ils?!) 

 

Tiens, on dirait le Pic Jaune à Droite du Tortolas au fond ...

 

 

On rejoint le camp, recharge nos sacs, et s'engage dans le long chemin de descente qui nous ammènera jusqu'à la voiture - et donc jusqu'à des boissons altérantes telles que les bières par exemple.

 

 Sur le chemin du retour, on aperçoit le Doña Ana.

 

Petit zoom sur la palette de couleurs du premier plan... 

 

Et puis le Tortolas qui s'élève plus haut que tous. Il est vraiment joli ce Tortolas...

 

On découvre, de jour, le "chemin surplombant la vallée" d'Emilio et Vladimir...

 

... le "refuge et les thermes" dont ils nous avaient parlé!

(C'est malheureusement là où j'ai compris d'où provenaient les expressions "blanche comme un cachet d'aspirine" et "bronzage de conducteurs d'engins"... passons).

 

Sur la route du retour, nous découvrons une nouvelle fois la diversité des formations rocheuses...

 

- Ah, un site de blocs... encore une raison pour revenir .

  

 

Plus on descend, plus les berges du cours d'eau deviennent habitées - on devrait d'ailleurs voir des chevaux sur la partie plane.

 

Enfin, le retour à la Serena se fera en silence...  

 

 

 WE du 11-12/03/06

 

 

Et les Guanacos?

 

Le guanaco (Lama guanicoe) est un camélidé sauvage d'Amérique du Sud. il est présent dans les hautes terres chaudes et venteuses du sud du Pérou jusqu'à la steppe froide et semi-aride de la Patagonie argentine.

 

 

Cette espèce n'est pas menacée d'extinction mais des programmes de conservation intégrés ont été tout de même mis en place pour lutter contre l'altération et les changement d'habitats.

 

Le guanaco adulte peut atteindre une taille de 1,75 mètres et pèse entre 80 et 120 kilos. Il possède des coussinets sur ses pattes pour ne pas détruire la couverture végétale lors du piétinement. Ses lèvres très mobiles et sensibles permettent de sélectionner la végétation boueuse et épinée.

La période d'accouplement est de novembre à février. Les petits pèsent après la naissance entre 8 et 15 kilos.

Il existe environ 600 mille guanacos en Amérique Latine: 94% en Argentine, 5% au Chili et 1% restant au Pérou et en Bolivie. La zone de plus forte densité est l'extrême sud de la Patagonie.

 

 

par Estelle et Vincent publié dans : Andinisme
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Mercredi 8 mars 2006

Après un WE assez sportif, Vincent décide de passer un WE un peu plus tranquille cette fois-ci... mais en altitude. J'ai eu le malheur de lui dire "Tu sais Vincent, l'altitude, c'est pas un problème pour moi...". Et maintenant, je me dis que j'aurais mieux fait d'étudier le programme avant.

On part de la Serena vendredi après midi avec deux amis, Vladimir et Emilio, un collègue du Ceaza, Juan Pablo, et deux allemands. On passe par Vicuña - des souvenirs douloureux me viennent à l'esprit - puis direction Paso Agua Negra (frontière avec l'Argentine).

 

Le site est étonnant, fascinant même... c'est un véritable festival de couleurs!  

 

... les roches ont des formes diverses, l'aspect de certaines nous interpelle

 

... voici La Laguna, au bord de laquelle on posera notre premier campement:

 

... c'est aussi un festival d'ombres et de lumières

 

Le soir, Vincent nous prépare un "asado" (barbecue) et sort la bouteille de vin, sûrement pour nous ménager... la journée du lendemain va t'elle être plus difficile que prévue ? ... Vladimir et Emilio doivent se douter de quelque chose: il n'y a que Vincent qui sourit !

 

Le lendemain, au col du Paso Agua Negra , le spectacle continue. 

 

On peut y apercevoir le Cerro Tapado, dont le sommet culmine à 5500m d'altitude:

 

La journée commence... il est 9h passé. La mission aujourd'hui est d'installer un mât météo à 4700M d'altitude. "Il faut creuser un trou de plus d'1m de profondeur pour le fixer". Heureusement qu'on a les outils adéquats, sinon on y serait encore le lendemain (1 pelle, 1 pioche, 1 masse et 1 baramine)...

Remarquez qu'on a tous un outil dans la main, sauf Vincent ... 

 

Ensuite vient le test des appareils de mesures... Vladimir sert de mât.

Héhéhé, encore une fois, il ne faut pas se fier aux photos... J'assure que Vincent n'a cessé de travailler du matin jusqu'au soir (!)

Et voici le fameux mât météo installé... il est 20h passé. On rentre au campement !

 

 

 Allez hop, c'est partit, on est dimanche, il est 7h du matin, on tente le Cerro Tapado !

Wouhaye, on n'est pas seuls à s'être levés ce matin, c'est plutôt rassurant!

 

On surplombe un bel exemple de glacier rocheux ("c'est pas faux..."), je laisse Vincent vous expliquer le phénomène plus tard, il possède le vocabulaire approprié et les fins de phrases...

 

L'ascension est laborieuse, le Tapado est un immense pierrier, pas de panneau, pas de sentiers, pas de marches, aucunes traces d'équipement de via ferrata, pas de stand de ravitaillement ni de bouteilles d'oxygène à dispositon, RIEN... Seul la vue du sommet nous tire vers l'avant, c'est si proche mais en même temps si loin !

On arrive enfin au glacier du Tapado, tapis de "pénitents" (voir signification plus loin).

 

 

On se pose, on respire, on admire, on prend des photos, on fait des galipettes, des roues à une main, un 100m (personne n'a gagné...), rien ne nous arrête. A part le mal de crâne. Bref, on ne s'attarde pas, on amorce la descente.

 

 

Il y a des moments dans la vie où on se sent tout petit... 

 

Le chemin du retour est plus direct. On longe des bandes de pénitents,

 

leur taille et leur forme sont étonnantes; leur plan est incliné et leur ancrage quasi-inexistant, ils ne paraissent pas stables.

 

On rejoint ensuite le sentier d'approche - je garde jalousement l'appareil photo pour faire des micro-pauses ... puis le campement où Vladimir et Emilio nous attendent avec du lait chaud au Manjar, mmmh!

Merci Vincent pour l'organisation de ce WE mémorable !!!

 WE du 03-05/03/06

 

Mais comment se forment les pénitents?!

(commentaires à venir)

Il y a des petits et des grands pénitents, comme tout quoi:

 

 

 

 

par Estelle et Vincent publié dans : Andinisme
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mardi 7 mars 2006

Allez hop, direction la vallée d'Elqui à la recherche de ces fameuses vignes !

  

Jusqu'ici, tout va bien... On supporte la chaleur, le sac de 60L, les mollets et les avant bras ne sont pas encore cramés, on a un petit stock d'eau à disposition, et surtout, on pense avoir passé LE col indiqué comme point de vue sur notre carte de route - carte touristique au 1/ 1 000 000e.

 

On rencontre des animaux, entre autre des chèvres, une migale-qui-tue-pas ("araña pollito"), on est content...

 Sauf qu'arrivés au 3e "point de vue", on a pu se rendre compte qu'il restait encore quelques kilomètres à parcourir pour atteindre le dernier col ... l'objectif est indiqué par une flèche rouge, et Vincent, qui n'a pas laissé ses jambes au dernier col, pédale dans la bulle rouge:

Repos bien mérité au col... après 1500m de dénivelé. Merci au guide VTT rencontré sur le chemin pour nous avoir ravitaillé en eau !!! mmmmh, que c'est bon le Manjar...

Direction Hurtado pour poser la tente! On apprécie la descente et ces filets d'air qui nous caressent les joues et refroidissent le bout du nez bien rouge. On en profite pour faire quelques photos artistiques.

Le lendemain, descente interminable au flan des montagnes, on traverse des villages, on voit passer des bus, on est content on se dit on ne monte pas on continue pour profiter du paysage...

... les paysages, contrastes saisissants entre les vignes qui rendent les vallées verdoyantes et les montagnes terreuses environnantes.

 

Sauf que jusqu'à une certaine heure, un dimanche après midi, dans une zone peu peuplée, les bus ne passent plus...

Après avoir attendu le dernier bus qui n'existait pas, on décide de reprendre la route (Arrggggh)... jusqu'à ce qu'un aimable monsieur - qui a dû avoir la larme à l'oeil en nous voyant pédaler - s'arrête pour nous rammener à bon port, et en musique. C'est pas fou ça?!

Bon. Ok. J'ai levé le pouce pour remettre ma mèche de cheveux en place, il a cru que je faisais du stop.

En fait c'était moi qui avait la larme à l'oeil.

Bon, ok, j'ai fait du stop.

WE du 25-26/02/06 

par Estelle et Vincent publié dans : VTT
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Blog : Artiste sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus