El Tortolacito

Publié le par Estelle et Vincent

Après le petit périple du WE dernier, Vincent a doublé un bus en VTT, et moi un papy en bicyclette... Alors pour pouvoir avoir  MOI AUSSI la chance d'en faire autant, on a décidé d'aller chercher un autre paquet de globules rouges en altitude.

 

Emilio et Vladimir se sont déclarés absent (?!)... je vous présente donc la nouvelle équipe du WE : Rodrigo le fakir,  Vincent le cuistot, et Estelle la tête pensante de l'équipe ;-).

 

 

Depuis quelques semaines, nous avons acquis un savoir-faire dans le domaine de l'organisation de ce genre de WE, ce qui nous permet aujourd'hui d'être opérationnels et  d'optimiser notre temps :

 

- départ vendredi 21h de la Serena, altitude 0m,

- arrivée le même jour minuit, altitude 3500m,

- grâce matinée le lendemain matin.

... oui, c'est pas encore gagné, mais on y arrive, on y arrive.

 

On est vendredi soir, il fait nuit, ça fait bien 1h qu'on s'est engagé dans des chemins parfois raides pour trouver le refuge qu'on a déjà dépassé - mais ça, on ne le saura que dimanche. 

Emilio et Vladimir nous avaient prévenu : " il a beaucoup de chemins qui se croisent, mais pas de soucis, prenez le moins raide, tous les chemins mènent au refuge", et puis "vous allez suivre un chemin sur le flan d'une montagne, c'est impressionnant comme c'est raide d'un côté "... ah.

En tout cas, Emilio et Vladimir ne nous avaient pas dit qu'il y aurait autant de lièvres dans le coin.

 

Bon, on ne peut pas dire que ça va mal, mais on ne peut pas dire non plus qu'on sait exactement où on est, et vers où on se dirige, et s'il y aura une cabine téléphonique au bout ou même un snack poulets-frites.

 

Il est minuit, on arrive enfin sur un plateau perdu dans les montagnes. On n'arrive toujours pas à nous situer, seule la montre de Vincent nous indique le nord et l'altitude à laquelle on se trouve à +/- 200m... il nous manque quand même quelques informations. On essaye de résoudre le mystère du refuge et puis le sommeil nous gagne rapidement.

 

 

 Le lendemain, petite marche de reconnaissance pour apercevoir les sommets qui nous semblent accessibles ...

 

(Ah, on dirait que Vincent tente de reprendre mon rôle...)

 

De là, on aperçoit le Tortolas (6160m selon les cartes, mais là encore nous ne saurons rien de l'altitude réelle: fantasme d'andinistes en mal de reconnaissance ou écart volontaire de la part des militaires pour tromper l'ennemi? L'altitude moins officielle serait de 6300m, voire même...).

Ayant oublié notre thermomètre pour mesurer la température d'ébullition au sommet, il nous a semblé inutile de perdre notre temps dans une ascension sans but scientifique.

 

 

 

... Nous nous rabattons alors sur un sommet situé à sa droite, qui nous paraît plus accessible selon le temps dont on dispose. Et puis pourquoi pas longer les crêtes après. On l'appellera le "Pic Jaune à Droite du Tortolas", c'est pour la bonne compréhension de tous.

Le pic semble être recouvert d'un tapis d'or... Cette ascension aura donc un but artistique.

 

 

 On y va donc gaiement, avec tout le matériel de camping sur le dos, la couette, l'oreiller, la mallette de maquillage - primordial pour rester fraîche en altitude...

 

... Rodrigo y trouvera un ami sur le chemin.

 

On suit les traces des guanacos (cf encadré) - parce que les guanacos sont très forts pour créer des sentiers qui ne vont pas là où on pourrait rencontrer certaines difficultés pour progresser.

 

 

On fait des photos artistiques sur le thème de "l'altération du bois dans un environnement minéral" - parce que c'est quand même l'objectif de notre ballade.

 

 

 

Arrivés à un point haut, on se dit c'est chouette toutes ces collines concentrées au pied du fameux Pic Jaune à Droite du Tortolas, mais il va falloir un peu plus de temps pour y accéder... Et c'est là que l'équipe a dû penser unanimement que, afin de préserver le moral de chacun, il serait préférable de prolonger les WE jusqu'au lundi.

 

 

On sort notre plus beau sourire crispé, on boit un peu d'eau, et c'est repartit, direction le Tortolas, mais cette fois-ci sans buts scientifique ou artistique, on y va et on pose le camp II à 4000m. 

 

 

 

Stop. On est à 4000m d'altitude. Enfin un objectif atteint.

 

Satisfait, Rodrigo se laisse tomber sur le peu de végétation qui a pu coloniser ce milieu extrêmenent  minéral et qui paraît bien confortable:

 

Mais en réalité il s'effondre sur un tas d'épines... On comprend maintenant comment cette espèce se défend des agressions extérieures. L'état du bras et du mollet du Fakir nous donne un aperçu de ce qui peut nous arriver en cas d'attaque...

 

On reste donc tranquilles, en retrait et sur nos gardes, on prépare la soupe-à-mamy, et on part la déguster sur un monticule à proximité, endroit idéal pour regarder le soleil se coucher .

 

 

 

 

 

  

 

Notre regard s'arrête sur un pic à gauche du Tortolas...

Ce sera l'objectif du lendemain. On l'appellera le "Tortolacito" (4911 m), pour ne pas être trop frustrés. En réalité, quelqu'un l'a déjà nommé le cerro Herrera centinela (!).

 

 

 

Bon, je pense qu'une petite récapitulation est nécessaire avant de continuer : 

 

 

On s'est tout d'abord dit pourquoi pas le Tortolas (1), il est grand, il est beau mais sans cartes, on avait une chance sur deux pour se tromper de versant et on est tombé sur le mauvais versant, donc pas d'chance, on s'est rabattu sur le Pic Jaune à Droite du Tortolas (2). De là, le relief nous à fait défaut, enfin, surtout le temps dont on disposait, on a donc choisi de se rendre au Tortolacito (3). 

 

Le lendemain , après un concours du qui-se-lèvera-le-dernier, puis un thé au goût de soupe, on se dirige avec résolution vers le col.

 

 

Du sommet, on découvre qu'il n'y a pas qu'au pied du Pic Jaune à Droite du Tortolas que le relief est important... des montagnes à perte de vue! On aperçoit le glacier du Pascua Lama, le Doña Ana, le Tapado et bien d'autres encore dont on ne connait évidemment pas les noms (la "droite" et la "gauche" du Tortolas ne veulent plus rien dire là, il faut sortir la boussole).

 

La descente se fait sur différents types de sol, du grain fin aux pierres grossières,

 

 on peut parfois apercevoir des pierres sur une étendue de grains fins,

 

et des pénitents sur une étendue de pierres grossières... 

 

 

La descente se fait par les sentiers des guanacos... (Mais où sont-ils?!) 

 

Tiens, on dirait le Pic Jaune à Droite du Tortolas au fond ...

 

 

On rejoint le camp, recharge nos sacs, et s'engage dans le long chemin de descente qui nous ammènera jusqu'à la voiture - et donc jusqu'à des boissons altérantes telles que les bières par exemple.

 

 Sur le chemin du retour, on aperçoit le Doña Ana.

 

Petit zoom sur la palette de couleurs du premier plan... 

 

Et puis le Tortolas qui s'élève plus haut que tous. Il est vraiment joli ce Tortolas...

 

On découvre, de jour, le "chemin surplombant la vallée" d'Emilio et Vladimir...

 

... le "refuge et les thermes" dont ils nous avaient parlé!

(C'est malheureusement là où j'ai compris d'où provenaient les expressions "blanche comme un cachet d'aspirine" et "bronzage de conducteurs d'engins"... passons).

 

Sur la route du retour, nous découvrons une nouvelle fois la diversité des formations rocheuses...

 

- Ah, un site de blocs... encore une raison pour revenir .

  

 

Plus on descend, plus les berges du cours d'eau deviennent habitées - on devrait d'ailleurs voir des chevaux sur la partie plane.

 

Enfin, le retour à la Serena se fera en silence...  

 

 

 WE du 11-12/03/06

 

 

Et les Guanacos?

 

Le guanaco (Lama guanicoe) est un camélidé sauvage d'Amérique du Sud. il est présent dans les hautes terres chaudes et venteuses du sud du Pérou jusqu'à la steppe froide et semi-aride de la Patagonie argentine.

 

 

Cette espèce n'est pas menacée d'extinction mais des programmes de conservation intégrés ont été tout de même mis en place pour lutter contre l'altération et les changement d'habitats.

 

Le guanaco adulte peut atteindre une taille de 1,75 mètres et pèse entre 80 et 120 kilos. Il possède des coussinets sur ses pattes pour ne pas détruire la couverture végétale lors du piétinement. Ses lèvres très mobiles et sensibles permettent de sélectionner la végétation boueuse et épinée.

La période d'accouplement est de novembre à février. Les petits pèsent après la naissance entre 8 et 15 kilos.

Il existe environ 600 mille guanacos en Amérique Latine: 94% en Argentine, 5% au Chili et 1% restant au Pérou et en Bolivie. La zone de plus forte densité est l'extrême sud de la Patagonie.

 

 

Publié dans Andinisme

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niot 16/03/2006 08:53

lol, les petits encards (les penitents, les guanacos...), ca me rappelle la fin des episodes des cites d'or ou on avait toujours el droit a un petit reportage culturel
tcho

niot 16/03/2006 08:44

des photos qui pètent toujours sa maman, un récit qui nous tient en haleine MAIS TOUJOURS RIEN sur les pénitents !!!
sur qu ec'est les bons noms de sommet qu'vous nous avez dit ?