Parque Nevado Tres Cruces

Publié le par Estelle et Vincent

Ce WE, direction El Parque Nevado Tres Cruces ! C'est un joli parc situé à l'est de Copiapo, où trône le plus haut volcan du monde, el Ojos del Salado (6893m d'altitude). C'est plutôt un site attrayant non? qui vient avec nous!!!

... qui ?!

Bon. Inutile d'insister, je vous présente la nouvelle équipe du WE...

Vincent, alias James, et Estelle, alias Domino - ce sont les têtes qu'on aura 36h plus tard... Non, on n'a pas l'air bien frais ni très éveillé.

... donc ce WE, c'est sympa, personne n'a voulu nous accompagner.

Peut-être que lors des précédents WE il y aurait eu une faille dans notre organisation, qui aurait conduit le compagnon à un état de fatigue prématuré et difficilement gérable dès le début de la sortie... ou bien il y aurait eu trop d'objectifs non atteinds en trop peu de temps, ce qui aurait ammené le compagnon vers une frustration générale prononcée... ou bien tout simplement, on n'est pas du tout drôle, ce qui provoquerait chez le compagnon un ennui quasi-total et sans retour.

Notre mission: percer ce mystère...

Comme dans tout bon épisode, Jaws est de la partie...

Le voici à Copiapo en octobre 2005 (gauche), et en mars 2006 (droite) - là encore faute d'échelle on ne peut pas se rendre compte de la taille du molosse... La rencontre fut sanglante, 1ère épreuve.

Copiapo, sa place, ses joueurs d'échecs... aaaaah, si seulement il nous était venu à l'idée d'acheter un jeu d'échec de poche ou bien tout simplement un jeu de cartes pour combler les heures d'attente interminables à venir !

Une halte s'impose pour préparer le WE. Grâce aux services du Sernatur, on ne se rend pas au parc à l'aveuglette.  La personne a été très aimable. Elle nous a fourni une photocopie d'un vraie carte avec des courbes de niveau tous les 25m (!). Sauf que l'échelle n'y a pas été reportée... Et la montre de James fait tout sauf curvimètre.

On réserve ensuite un véhicule tout-terrain-fait-pour-aller-n'importe-où-n'importe-quand, pas de soucis, c'est solide, avec ça, rien ne peut nous arriver, une James Mobile digne de ce nom, idéale pour flamber en ville.

On fait quelques courses (cette fois-ci on innove la purée-saucisse, miam), et c'est partit !

... arrivée 2h du matin au premier campement, peu avant l'entrée du parc Tres Cruces. En avance sur le retard prévu.

Nous découvrons le lendemain matin un paysage encore très minéral.

Nous entrons dans le parc, le milieu est véritablement aride, pas une trace de vie. 2eme épreuve.

Un milieu où seules les pierres poussent.

On y décèle des traces d'eau... mais pas d'eau.

Ah, la croûte de battance... Y'a eu de l'eau. Mais y'en n'a plus.

Nous ne sommes pas les seuls à l'avoir cherchée en vain...

Le milieu est hostile, et les plus faibles n'ont pas leur place.

Même pas peur...

On file à la Laguna Santa Rosa (salar à 3700 m).

(... pour info Niot, ce ne sont pas des pénitents. Les pénitents, c'est dans la neige).

Il y a de l'eau... y aurait-il un peu de vie?

... mais oui, des flamands roses !!!

... et un troupeau de guanacos ! 

 De là, on s'enfonce dans le parc en direction la Laguna Verde (4325m). Sur le chemin,  des couleurs, encore des couleurs sur un sol dénudé.

 On aperçoit l'Ojos del Salado (haut) et le Nevado Tres Cruces (bas).

 On confronte alors les données de la cartes avec nos observations de terrain, et on se rend bien compte que la marche d'approche pour les Tres Cruces ne sera pas des plus courtes. En tout cas, les sommets sont très attrayants et font frétiller nos jambes !!!

Tout ça demande réflexion... à plus de 4400m d'altitude, il faut ménager son cerveau, on va donc pique-niquer au bord de la Laguna Verde, et fluidiser notre sang dans ses thermes. C'est un lieu magique, où le silence est loin d'être pesant.

En fait, l'eau chaude ne nous rend pas plus vifs qu'avant (cf. inclinaison de l'horizon sur la photo), on reporte donc notre brain-trust au soir.

On pose le campement II.

 On prend notre temps - parce que notre emploi du temps n'est pas des plus surchargés.

On pourrait même s'amuser à converser au ralenti ou inventer des devinettes pour faire passer le temps un peu plus rapidement... Mais James et Domino ne perdent pas de vue leur mission. Ils ne se laissent pas tenter par ce petit jeu qui a de fortes chances de se terminer le surlendemain, au même endroit, dans les mêmes postures, avec la même intensité dans le regard - qui révèle bien cet esprit challenge à toutes épreuves...

Et c'est devant cette fameuse purée-saucisse que la course du lendemain fût choisie à l'unanimité (on a gardé les pâtes pour le lendemain soir, et on a bien fait...).

Ce sera le Cerro Vicuña: d'abord et avant tout parce que son nom nous rappelle quelques bons souvenirs, ensuite parce qu'il a une position stratégique entre l'Ojos del Salado et le Nevado Tres Cruces, et enfin parce qu'on ne risque pas d'être surpris par une variation importante du TN non suspectée sur la carte et susceptible de remettre en question notre unique objectif en prolongeant la marche d'approche (finalement, c'est pas mal d'avoir plusieurs objectifs).

Et puis parce que c'est un 6000 m aussi ;-).

 Au petit matin, pas un bruit... les premiers rayons de soleil apparaissent.

... en route pour l'épreuve n°3, le Cerro Vicuña !

On pose la James Mobile sur le bord du chemin. Elle nous a déjà fait une petite peur lors d'un demi-tour raté, mais pourquoi s'inquiéter, rien ne peut lui arriver... On s'élance donc gaiement vers le col, l'esprit en paix.

 

... la marche d'approche nous fait découvrir la curieuse robe du Cerro Muerto.

 

A 5100m, on pose le dernier campement, étape finale de notre acclimatation. Il n'y a pas âme qui vive ici, même pas des traces de Guanacos, pour dire!

 

On n'est pas très frais, un peu mou je dirais même. Inutile de remettre les photos exposées lors de la présentation de l'équipe.

Non, on ne regrette ni le jeu d'échec laissé bien au chaud dans un magasin à Copiapo, ni tout bon vieux jeu de cartes. Il ne nous vient même pas à l'esprit de penser à notre lit douillet, ou à une partie de ping-pong ente amis, ou encore aux rangements qu'on aurait pu faire pour notre prochain déménagement. On ne ressent pas non plus le besoin de se sentir léger, de pouvoir bouger sans souffler, de retrouver l'apétit. C'est génial.

On ne regrette rien mais on se pose tout de même quelques questions existentielles... qui peuvent d'ailleurs rejoindrent celles qu'ont dû se poser nos compagnons les WE précédents (?!). On commence donc à percer le fameux mystère. Et ce mystère s'éclairciera le lendemain lors de l'ascension - et tout particulièrement pour Domino...

 

 Le soleil se lève, et nous avec. La nuit s'est plutôt bien déroulée, mais on est quand même contents qu'elle se termine, on déjeune - pas assez - et on y va !

 

Quelques passages dans les pierriers nous rappellent le Cerro Tapado...

 

Arrivés au col (Argghhh, c'est pas terminé !!!) un choix s'impose... Deux sommets, deux 6000 m, mais l'un "légèrement" plus haut que l'autre. On vous laisse deviner lequel est LE véritable sommet.

Il va donc falloir se les départager, parce qu'on aime bien occuper l'espace vide. On pourrait penser que toute négociation devient difficile à cette altitude, qu'un tel choix demande un certain temps pour peser le pour et le contre, le pourquoi du comment, le combien de temps aller/retour, etc... Fort heureusement, Domino se dévoue sans peine pour le sommet de gauche.

Oui, c'est bien un sommet et non une butte de terre: on apprécie mal l'importance du relief quand les photos sont PRISES AU SOL, MERCI VINCENT...

 

Arrivés aux sommets, on jouit d'un magnifique panoramique sur une partie du parc (même depuis la butte de Domino):

 

... voici l'imposant Ojos del Salado dans toute sa splendeur,

 

la séduisante chaîne des Tres Cruces, avec ses glaciers,

 

... un tableau de couleurs et de textures étonnantes!

 

Et puis il y a James, sur SA butte de terre (sisi, on le voit tout en haut) ...

 Et Domino, elle, a enfin été jusqu'au bout du mystère - si c'est le bon. La clef a été assez vite trouvée après l'ouverture d'une barre de céréales-coco alors que l'altitude dépassait les 6000m et que le léger mal de tête était déjà bien présent... Elle n'a donc pas jugé utile de s'attarder là haut - dommage.

 

Retour au campement pour faire nonette comme diraient les haut-savoyards, puis on rejoint la James Mobile. Elle a encore ses 4 roues, sa roue de secours, sa pelle, du carburant dans le bidon, pas d'infraction, ouf, on est rassuré. Parce qu'on n'aimerait pas se retrouver bloqués au fin fond du parc, à 80 km de la douane, 280 km de Copiapo, sans eau, sans vivres, personne dans les environs, même pas un lièvre à faire grilller; pas de fusée de détresse, ni de sifflet, ni d'ailleurs de ballon de foot pour patienter; bref, on rigolerait moins là. D'autant plus qu'on ne s'est pas déclaré aux Carabineros (douane), il ne savent donc pas qu'on est ici (bah bravo)... C'est que les agents secrets doivent rester discrets.

 

On retrouve l'apétit, échange nos impressions, range les sacs. On s'installe sur nos sièges respectifs dans la James Mobile, et on est enfin prêts à partir.

...

Bon. Pas de panique, la James Mobile a un coup de mou, c'est tout, ça n'arrive pas qu'à nous. ça doit être l'épreuve n°4.

...

Petit moment de solitude. On peut observer quelques gouttes de sueur qui perlent sur le visage du voisin.

...

On pousse, on souffle, on râle, RIEN.

James organise très rapidement le plan de secours.

Mais avant, une dernière tentative: après le replat, il y a une légère pente...

Ouuuuaye, elle démarre !!! De là, on ne s'arrête plus, et ce jusqu'à la route internationale, les bosses et les creux n'existent plus, c'est Walibi dans la cabine !

 

La route du retour passe par la douane. On s'arrête, les Carabineros nous emmènent dans une salle confinée et très sombre, ils ont le regards perçant, il fait froid, un rayon de soleil pénétre dans la pièce et fait découvrir leur collection d'outils sur l'étagère... L'interrogatoire est long et pénible. Nos explications ne correspondent apparemment pas à celles auxquelles ils s'attendaient. On reste imperturbables - mais pas très fiers, parce qu'on se rend compte qu'ils sont plus au courant de notre emploi du temps que nous même... Et là on s'est dit Jamais, Plus Jamais (Attention Niot, c'est un indice qu'on t'offre là ).

 [Il faut savoir qu'il est demandé aux personnes de déclarer sa présence dans le parc à la douane, ceci afin d'obtenir une aide rapide en cas de pépin].

 Cette dernière épreuve se révèle très instructive puisqu'en plus on apprend qu'il est nécessaire d'avoir un permis pour l'ascension des Tres Cruces (tout comme l'Ojos del Salado). Héhé, du coup, on n'a pas osé demander si c'était aussi valable pour les autres sommets.

 

Petite halte au salar de Maricunga avant de rentrer sur Copiapo et la Serena. Nous retrouvons progressivement tous nos sens avec l'augmentation de l'oxygène dans l'air.

Ah, on dirait que James médite encore sur la mission du pourquoi on n'a plus d'amis pour nous accompagner le WE... 

 

Il va falloir y revenir !!!

 

 WE du 18-20/03/06

 

Comment se forment les salars?

 

sur le forum www.guichetdusavoir.org, les références bibliographiques suivantes ont été citées:

 

Ouvrage :
Les milieux désertiques
Extrait : (…)Les dépressions topographiques fermées, occupées par une pellicule d’eau salée et des croûtes de sel, parfois alignées sur un ancien réseau hydrographique, sont un élément inséparable de tout paysage désertique classique. La variété des noms le prouve : sebkras au Sahara, kewirs en Iran, salars et salinas en Amérique du sud, salt pans en Afrique anglophone et en Australie, etc. (…)
Salar : syn. salina :, en Amérique du Sud :fond de playa à dépôts salins, épisodiquement inondé ( Petit vocabulaire des déserts et semi-déserts en annexe de l'ouvrage)

Articles de presse :
* Tout le sel de la terre / Sabine Vogel in Croissance, No 423, février 1999, p. 46-47
Les conditions de travail des saumiers qui exploitent le gisement de sel du désert d'Uyuni en Bolivie; description de ce salar
* Pourquoi certains lacs sont-ils salés ? / Nathalie Nicolas in Ca m'intéresse, No 212, octobre 1998, p. 122-128
Explications sur leur formation; aperçu de la diversité biologique dans ces environnements.
* Dans le silence du salar / Philippe Duigou in Grands reportages, No 174, juiilet 1996, p.26-42
La vie des travailleurs qui exploitent le gisement de sel du désert d'Uyuni en Bolivie; les caractéristiques de ce désert de sel.


Revues spécialisées:
* Lacs salés au fond de la grande bleue /Fabienne Lemarchand in La Recherche, p. No 291, octobre 1996, p. 48-49.
Caractéristiques et explication du phénomène des lacs salés découverts dans le fond de la Méditerranée.
* La genèse et l'écologie des lacs salés / François Risacher, Bertrand Fritz in La Recherche, No 276, mai 1995, p. 516-522.
* Une mer de sel dans les andes / Vincent Gaullier in Sciences et avenir, No 588, février 1996, p. 70-73.
Description et histoire de la formation du salar d'Uyuni; importance économique de ce lac salé pour les Boliviens, qui l'exploitent de façon artisanale.

Etude téphrostratigraphique et bio-climatique du Tardiglaciaire et de l'Holocène de la laguna salinas, Pérou méridional / Etienne Juvigné, Jean-Claude Thouret, Etienne Gilot, Alain Gourgaud, Kurt Graf, Louis Leclercq, François Legros, Miguel Uribe in Géographie physique et quaternaire, No 2, 1997, p. 221-233

Publié dans Andinisme

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Niot 03/04/2006 09:22

 a la lecture de la suite des aventures et de cette mise à jour, j'e suis a moitie rassurée..
d'un cote j'ai bien lu l'indice qui em rassure
et de l'autre j'ai bein note que domino la bombasse (la je cite vincent !) a eu un coup de mou, que cote voiture c'est pas terrible , que malgre votre discretion les douanes vont ont suivi a la trace !!
d'ailleurs au niveau interrgatoire, y a-t-il eu de la violence (tetelle, t'as du bein resister nan ?), y a-t-il eu des fouilles particulieres ? ;o)
bisous
PS : euh je me rend compte qu'il n'y a presque que moi qui laisse un message sur el blog, alors ce serait cool qu eles auters s'y mettent un peu plus, histoire que j'ai pas l'impression de faire des monologues !

niot 24/03/2006 15:49

ohuohuhuh : http://www.ymdb.com/jaws/f0073195_frfr.html
en tout cas, lol pour la sulfureuse bombasse, c du bien vu !!
pour la référence au pote de Q, c'ets vrai qu'il dévoile pas ses secrets au grand public
bon we à vous JB et D

Vincent 24/03/2006 14:54

Perdu.
Effectivement, le nom de Jaws dans la version française du film en question est "requin". Mais il ne s'agit pas des Dents de la Mer.
Quant à Domino, il s'agit d'une sulfureuse bombasse qui a fait fantasmer plus d'un adolescent. Elle fût poule de luxe dans un autre film au nom "Confidential".
Pour ce qui est de la montre de James, en supposant que la référence soit correcte, l'imaginerais-tu dévoiler ses gadgets en public? Dans agent secret il y a "secret" ...
Alors? Cette référence? dang-dandandang-dang...
Enfin, dans mon souvenir, il n'y a pas de flamands verts dans la laguna de la même couleur. Mais seulement plus au nord (en Bolivie je m'entends), dans la Colorada et les petites lagunes autour. Mais tu me le confirmeras quand tu y passeras avec Estelle.

Niot 24/03/2006 14:33

merci pour la nouvelle info sur les pénitents ! p'ter avant l'hiver prochain on va y arriver à savoir ce que c'est !!
côté équipe, c'ets vrai que j'avais pas noté au début mais les troupes ont vite diminué...et en pas longtemps...c'est pitêtre pas une bonne idée de faire des trucs avec vous en fait...faut que j'y réfléchisse avant qu'il ne soit trop tard...
sinon pour les  noms...james ca peut me faire penser à quelqu'un..genre le type qui a toujours plein de gadget sur lui et notamment toujours une montre top niveau (là déjà un détail qui tue !! vincent n'a pas sur sa montre tous les gadgets qui déchirent sa maman !!!), donc j'ai comme un doute sur les noms d'emprunts !
pis domino...pffff alors là pardon mais ca fait vraiment mais alors vraiment péripathéticienne (alors ils t'ont finalement voulu même avec tes cicatrices ???)..regardez eyes wide shut, et vous verrez y en a une de domino ! ou alors c'ets peut être en référence au jeu des dominos : le jeu super chiant (ah ouai sc'ets peut être ça !!!) ou encore domino cascade (le jeu ou tu mets tes dominos bien rangés, t'en pousses un et tout se casse la gueule)(ça peut être ça aussi!!!)
quant à jaws (malgré ma super culture, j'ai quelques trous..donc je suis allée sur internet me renseigner de l'affaire. ma recherce a donné jaws : les dents de la mer (1975...sérieux ça date !!!). et là pour le coup je trouve le nome du personnage bien donné (mêm si avouons le la taille est légèrement différente..le requin il était énorme lui !!!)...en fait c'ets peut être lui qui a laissé les carcasses (un cheval et une vache ???) au milieu du désert de caillasses !! (et trop génial de savoir que les pierres, elles poussent dans ce genre d'endroit !)
en tout cas j'adore sa façon de se coucher..lol
vos photos sont toujours aussi énormes..et dire qu'il flotte plein tube chez nous ! presque chu deg là.
votre petite laguna santa rosa, c'ets marrant on y retrouve les falmands comme a la laguna verde en bolivie (ca c'ets juste pour prouver que j'ai de la culture !)
bon week end les aventuriers, bisous